Critique sur La Drôle de Vie de Timothy Green

Le Drôle de vie de Timothy Green est un des rares films dans lesquels on a pu voir Jennifer Garner ces dernières années. Alors que cette petite réalisation sans prétention ne s’attendait pas à susciter l’intérêt du public, elle s’est surprise à attirer un auditoire plus conséquent que ce qui a été prévu. Plein de profondeur, ce film qui se donne des airs de contes pour enfants parle autant aux petits comme aux grands, avec la fabuleuse capacité d’aborder des thèmes sensibles en toute simplicité. Véritable coup de cœur pour le public, cette œuvre de Peter Hedges ne manque cependant pas de défauts.

Un conte, et rien de plus

À la sortie de La Drôle de vie de Timothy Green, le public a pu découvrir un film présenté à la manière d’un conte pour enfant, avec des sujets de fond et les morales qui vont avec. Le mélange est détonnant, et parvient à sensibiliser les plus petits à des thèmes aussi sensibles que le chômage, les problèmes qui peuvent survenir au sein de la famille, ou encore la place que tiennent les parents dans le foyer. Plus sensible encore : La Drôle de Vie de Timothy Green aborde le sujet de l’infertilité, évoquant le désespoir qu’il peut entrainer au sein d’un couple.

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Tout cela, le long métrage le présente avec un optimisme qui fait plaisir à voir. Malgré la mise en scène de sujets qui peuvent choquer, le film est plus captivant que dérangeant. L’exploit de la réalisation tient ici une place importante, car elle rappelle à chaque instant qu’une bonne approche peut suffire à faire connaitre des situations pas si éloignées de la réalité à tout type de public. Les personnages eux-mêmes apportent leur pierre à cet édifice de bonne humeur, donnant au monde de Timothy Green une dimension plus humaine que ne le ferait un conte classique.

Une histoire pleine d’originalité

Le long métrage comporte quelque chose de dramatique qui s’interprète plus grâce au mélange d’ombres et de couleurs qu’il transmet. L’histoire, pour sa part, joue sur l’originalité, car elle raconte celle d’une famille qui doit avoir recours à l’adoption pour ne pas se résoudre à la fatalité d’une infertilité. L’aspect original du film se retrouve dans le petit être recueilli par le couple. Timothy Green, un enfant à l’apparence normale, voit ses jambes recouvertes de feuilles puis de branches. L’amour inconditionnel de ses parents adoptifs est mis en avant, personnifié devant le public par un jeune duo qui accepte leur nouvel enfant avec ses défauts et l’aide à s’assumer.

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Le point fort de ce conte des temps modernes est de nous raconter l’histoire du petit Tim par le biais d’une entrevue que ses parents ont avec une assistante sociale. Le film ne néglige cependant pas le point de vue de l’enfant, insistant sur des situations que lui seul sait interpréter. Le mélange fonctionne à merveille, mais laisse tout de même le spectateur sur sa faim, car le récit finit sur une note décevante, n’expliquant ni l’origine du petit garçon, ni celle des buissons qui lui poussent sur les membres. Un gros loupé qui vient conclure un film qui offre pourtant de nombreuses alternatives pour une fin plus élaborée.